


L’ombre projetée au centre du Théâtre en dessina les contours.
Ce travail prend pour matière un corpus d’images disparates — fragments de quotidien, de relations, de dérives, famille, amis… — l’archive complète des images imprimées jusqu’alors (jusqu’en 1996).
Il s’agit en outre, au-delà du désir de mise en forme, de la faire sortir de ses gonds, de l’arracher à ce sur quoi elle pouvait tourner — un axe unique d’appréhension, de lecture. Devant l’impossibilité de mener à bien toute tentative de classement, le parcours fut privilégié aux catégories, faisant coexister des surfaces qui n’avaient en commun que leur matérialité et les techniques qui avaient servi à les réaliser, inventant des détours afin d’éprouver d’autres états que ceux déjà possibles — entrer dans de nouvelles compositions, de nouveaux agencements susceptibles de ramifications imprévues.
Alors que ce travail se présentait au départ comme celui d’un archiviste, la succession des causes et des effets relatifs à l’élaboration de cette pièce favorisa l’éloignement progressif de ce qui pouvait être personnel — l’idée même de sujet contenue dans chaque image — au profit d’une architecture mentale laissant une place prépondérante aux cheminements qu’imposèrent les zones d’ombre et de lumière suscitées par le regard.